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Les Choses humaines

de Karine Tuil

Roman en trois actes, les choses humaines nous raconte le procès d’un viol et les ressentis différents de la victime et de l’agresseur.

Tout d’abord, nous faisons connaissance avec la famille de l’agresseur. Une mère essayiste qui a élevé son fils selon des principes féministes ; un père, présentateur d’émission politique à succès et Alexandre, le fils parfait. Brillant, intelligent, promis à un avenir exceptionnel aux USA où il fait ses études. Cette partie, à mon sens, comporte quelques longueurs.

Ensuite viennent les faits. Lui, drogué et ivre pense qu’il a juste couché avec une fille.
Mila, elle, subit un viol.

Enfin, le procès.

Hallucinant et édifiant, il se base sur des faits réels et une défense qui, à l’époque, a utilisé les mots exacts cités dans le livre et qui sont d’une violence inouïe pour la victime. Cela renforce le sentiment de malaise pendant la lecture de cette dernière partie.

Malaise car, malgré les quelques progrès de ces derniers mois en matière de « respect de la femme », c’est toujours à la victime de prouver qu’elle ne ment pas. C’est à la victime qu’on pose des questions dérangeantes et intimes lui faisant revivre son agression autant de fois qu’on lui pose les mêmes questions. Parce qu’apparemment, quand on ne hurle pas NON, quand on ne frappe pas pour se défendre tant on est tétanisée ou qu’on n’a pas la force de repousser son agresseur, il y a une zone grise qui permet de mettre les faits en doute.

Mention spéciale du dégoût au père de l’agresseur, vieux beau infatué de lui-même qui pense que le futur de son fils brillant vaut mieux que la vie détruite d’une fille de condition plus modeste. Dégoût aussi d’une justice à deux vitesses, qui juge et condamne selon l’importance sociale.

Un roman fort sur la notion d’interprétation et de consentement qui secoue, ébranle et fait réfléchir. Éduquons nos filles afin qu’elles soient sûres d’elles et de leurs droits et surtout, éduquons nos fils pour éviter qu’ils ne deviennent des hommes machos à la virilité dominatrice et qu’ils comprennent que « non », même dit tout bas, ça veut dire « non ».

Un roman qui vous interpelle ?

Les Choses humaines – Karine Tuil – Éditions Gallimard – Rentrée littéraire 2019 – 286 pages

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