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Le Bonheur n’a pas de rides

de Anne-Gaëlle Huon

Paulette a 85 ans, un caractère bien trempé, et pas toute sa tête. Enfin, à ce qu’elle prétend. Lorsqu’elle se retrouve bien malgré elle la nouvelle pensionnaire de l’Auberge de Monsieur Yvon, elle n’a qu’une obsession : en partir ! Mais c’est sans compter sur l’étrange fascination que les autres habitants et leurs secrets vont bientôt exercer sur elle. Que contiennent ces lettres mystérieuses trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Qui est l’auteur de cet étrange carnet découvert dans la bibliothèque ? Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

Le roman parfait pour passer un moment douillet sous un plaid ou pour buller sur un transat au soleil. L’écriture est simple, fluide et légère. Les personnages sont attachants. On aime d’emblée la cuisinière Nour, sa douceur et ses bons petits plats. On a envie d’avoir Monsieur Yvon comme ami, de serrer Juliette contre son cœur, d’avoir un grand-père distingué comme Monsieur Georges. Et de mettre une baffe à Paulette. Tatie Danielle en puissance, elle n’y va pas de main morte pour faire comprendre à ses pauvres compagnons de pension qu’elle n’est pas à sa place et qu’elle vaut, croit-elle, bien mieux qu’eux. Mais, tout doucement, Paulette se laissera apprivoiser et se reprendra à rêver.

Attachants donc. Touchants aussi et qui serrent parfois le cœur mais on suit avec grand plaisir le récit de leurs souvenirs, de leurs projets, de leurs destins contrariés.
Oui, c’est plein de bons sentiments mais il y a des surprises, du rêve et de l’espoir. C’est drôle aussi.

Comme avec Ensemble, c’est tout (Anne Gavalda) ou Et puis, Paulette (Barbara Constantine), j’ai particulièrement aimé les interactions entre les générations. Les histoires qui mêlent les destins de jeunes un peu perdus et malmenés par la vie à celui de leurs ainés résonnent toujours en moi. La preuve que l’on ne peut pas vivre harmonieusement sans la folie de la jeunesse ou la sagesse de la vieillesse.

Un roman dont on sort content, alors pourquoi s’en priver ?

Moment choisi:

« C’était bien un coup de Corinne ça ! Ça jouait à l’épouse idéale, hein ? La mère de famille sans scrupules oui ! Qui pour se payer une liposuccion préfère caser sa belle-mère dans un mouroir qui empeste le fumier !
Paulette n’allait pas tenir trois jours. Des vaches, une brasserie et pas une once de savoir-vivre à l’horizon. Elle les avait bien vus, dans leurs bleus de travail, accoudés au comptoir comme des bovins en manque de grain. Un repère d’alcooliques oui !  »

Il sort bientôt en poche (avec une couverture bien plus réussie), n’hésitez pas à ajouter ce livre à votre « Pile à lire ».

Vous connaissez cette auteure ? Quelqu’un a lu son autre roman, Buzz ?

City Éditions – 2017 – 320 pages

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