Accueil,  Ma Bibliothèque,  Romans

La Fille au sourire de perles

de Clémantine Wamariya et Élisabeth Weil

Clémantine relate ses années d’errance à travers l’Afrique suite à la fuite de son pays en guerre, le Rwanda.
Pendant 6 ans avec sa soeur ainée, elle va de pays en pays, de camp en camp,
côtoyant l’horreur au quotidien, forgeant sa carapace pour survivre.
L’auteure raconte ses souvenirs. Elle avait  6 ans au début de la guerre et ne comprend pas ce qui arrive. Qui sa sœur et elle doivent fuir, pourquoi leurs parents ne sont pas avec elles.
On sent qu’elle a énormément souffert que personne ne prenne la peine de lui expliquer les évènements.

J’ai lu ce livre car mon frère a voyagé au Rwanda avec sa famille il y a 3 ans et ils sont tous revenus amoureux de ce très beau pays. Au début de la lecture, j’avais peur que les massacres et le génocide ne soient trop détaillés et donc difficile à lire mais ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de surenchère, la réalité suffit largement.
Les chapitres alternent entre le récit de sa fuite et sa vie aux USA, dans sa famille d’accueil puis plus tard en internat.
Clémantine explique sa difficulté d’adaptation alors qu’elle est enfin en sécurité, pourquoi elle n’aime pas qu’on lui rende service par peur de devoir payer une dette en retour un jour, pourquoi elle garde les gens à distance.

La différence entre ce livre-ci et d’autres sur le même sujet (la fuite d’un pays en guerre) est qu’ici, il s’agit d’un récit, presque un documentaire, rien n’est romancé. Les faits sont relatés un peu à la façon d’un compte-rendu et c’est ce qui m’a empêchée de rentrer complètement dans ma lecture. À force de créer de la distance entre les gens et elle, pour ne pas souffrir encore plus, ce qu’on comprend totalement, l’auteure crée cette distance avec les lecteurs également.
Mais on comprend aussi que nous Européens ou Américains sommes remplis de clichés concernant les réfugiés et que, même dans notre façon de vouloir les aider, nous sommes maladroits.

Et c’est, je pense, ce que veut nous faire comprendre l’auteure. 
Un livre pas évident donc, mais nécessaire.

Les Escales éditions – 312 pages – janvier 2019

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *