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Couleurs de l’incendie

de Pierre Lemaitre

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.



Quelle plume, quel talent !
 


Après les très beaux Au revoir, Là-haut  et Trois jours et une vie, j’ai retrouvé Pierre Lemaitre avec grand plaisir. C’est, pour moi, l’écriture parfaite. Fluide, ciselée, sans longueurs et avec une bonne dose d’humour noir. Et l’humour noir, j’adore.



Au départ, une saga familiale classique : le patriarche meurt laissant en héritage un empire financier. Mais lors de l’enterrement, tout ne se déroule pas comme prévu et la fille du défunt va être la témoin impuissante du terrible et inéluctable éclatement de sa vie, bien aidée en cela par ceux sur qui elle croyait pouvoir compter. La saga familiale se transforme alors en « thriller » sombre à rebondissements multiples.


Un peu naïve au début, Madeleine va surprendre par sa détermination dans la construction de sa vengeance lente mais subtile, insidieuse, implacable qui n’épargnera personne. Aidée dans sa tâche par une domestique polonaise qui rayonne comme un soleil et une chanteuse d’opéra, diva excentrique adulée par le régime nazi naissant.


C’est moins sanglant que Kill Bill mais ça en jette quand même.



Tous les personnages sont parfaitement brossés, on s’en fait une idée très précise et si, au début, Madeleine semble bien fade, voire légèrement agaçante, on finit par faire de son combat une affaire personnelle où l’on rêve de la voir triompher.




Moment choisi:



« Le maître des cérémonies fut pris au dépourvu. Question obsèques, il en connaissait pourtant un rayon, il avait assuré l’enterrement d’un nombre incalculable d’académiciens, de quatre diplomates étrangers, il avait même enterré trois présidents en fonction ou retirés. Réputé pour son sang-froid, c’était un homme qui maîtrisait son affaire, […] Que fallait-il faire ? On le vit les yeux perdus, les mains molles, à la dérive. Il faut l’avouer, il fut totalement dépassé. Il mourut d’ailleurs quelques semaines plus tard, c’était un peu le Vatel des pompes funèbres. »

Encore un roman qui se dévore. Décidément, littérairement, 2019 commence vraiment bien.

Et vous, vous connaissez cet auteur ? Vous avez aimé un autre de ses romans ?

 

Le livre de poche – février 2019

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